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Marie Darrieussecq

2001 |

Bref séjour chez les vivants

« Soit une famille : une mère, un père, trois filles. Il y a dans cette famille un trou, un creux, une absence, un vide autour duquel tout s’est, d’un même et cruel mouvement, défait puis refait, mais mal : la mort d’un enfant qui à jamais restera un petit garçon de trois ans.
L’action se déroule sur 24 heures. 24 heures de la vie de cinq âmes séparées, à l’intérieur de ces âmes, et aussi bien à l’intérieur de corps traversés de pensées, d’émotions, d’impressions, sur lesquels viennent se poser, fugaces et perçants, cruels, des mots. Flux de consciences contradictoires mais si proches, unies par un même secret, une même douleur toujours contournée, évitée et, de ce fait, de plus en plus présente, cruelle. »

Editions POL

« Avec son quatrième roman, Bref séjour chez les vivants, Marie Darrieussecq explore des idées novatrices concernant la possibilité du roman d'aujourd'hui. Elle crée un monde dans lequel le lecteur doit participer pour vraiment comprendre, peut-être en le lisant plus d'une fois. Les personnages principaux de Bref séjour chez les vivants sont une femme et ses trois filles, mais il n'y a pas de dialogue dans ce roman, tressé de monologues intérieurs. Ce tressage très fluide utilise plusieurs langues, principalement le français, mais aussi l'anglais et l'espagnol, des chansons, et des idiomes de la petite enfance. Pourquoi ce titre surnaturel ? Dans ce roman, il y a un fantôme, comme dans la plupart des oeuvres de Darrieussecq. Ici c'est le fantôme d'un garçon, le petit frère de la famille, qui s'est noyé à l'âge de trois ans.
     Les grands thèmes de Bref séjour chez les vivants sont le fonctionnement de l'intelligence et de la mémoire, la subjectivité de la perception des événements, les phénomènes relevant de l'existence d'un sixième sens, et les relations qui font une famille. Sans doute un roman contemporain, Darrieussecq a écrit Bref séjour chez les vivants avec difficulté et rigueur, et elle a réussi. »

Sarah Feeley, étudiante à Rhode Island University

« Chez Marie Darrieussecq de même, ce qui compte est moins la transformation totale que la tension vers l’hybridité. L’empathie se découvre ainsi dans son œuvre comme un mouvement d’interrogation vers l’altérité, plutôt que comme un oubli de soi (...). Chez cette romancière de l’étrangeté et du fantastique internes au quotidien, deux procédés majeurs, le mode interrogatif et le rythme, se confrontent pour signifier tout à la fois le caractère indécidable d’une projection de soi dans le cerveau-corps d’une autre espèce, et la possibilité pourtant maintenue de « se représenter la représentation d’autrui » et même plus, la possibilité d’un accès à des univers non-humains, via une déclinaison rythmique du style. Bref séjour chez les vivants tente de figurer le fonctionnement du cerveau, y compris chez d’autres espèces que l’espèce humaine. (...) Chez Marie Darrieussecq, les bêtes laissent sur le sol, le leur comme le nôtre puisque nous sommes aptes à les interpréter, des traces qui sont l’inscription organique du passage d’un vivant (....). Ainsi la "psychologie du chien dessinée sur le sable" (...) »

  Anne Simon, CNRS

2001 |

A brief stay with the living

Darrieussecq’s fourth novel, Bref séjour chez les vivants, which follows a day in the life of the three Johnson sisters—Jeanne, Anne, and Nore—their mother, and their estranged father, has a ghost at its heart. The author even taunts us with the words she carefully crafted for the back cover,an invitation to wonder, to keep watch: “Nous sommes dans leur cerveau. Il y a un fantôme.” Having suggested herself in an interview with Kapriélian that all her novels are “habités par Antigone”, Darrieussecq has noted that this figure (of a mourning of a death without a grave) forms “évidemment [ . . . ] le centre de la spirale, l’œil de l’ouragan . . . ” in Bref séjour chez les vivants. Indeed, at its heart stands the drowning of Pierre, the third of the four Johnson siblings, and the fact that he has been completely erased, without even a tomb. Yet if Pierre is indeed the ghost that haunts the narrative, he is certainly not the only one. The novel ends with the death of Jeanne, the oldest sister, who wonders as she drowns: “est-ce qu’on voit défiler sa vie? j’apprends tout ce qu’ils ignorent, maman John Anne et les autres, qui raconte le film de ma vie?” (…) Since the narration (as our only access to the story of Pierre) consists only of their thoughts and (erased or repressed) memories, these characters are not exactly haunted by the ghost of Pierre returned from the dead ; rather, a ghost is created through the family’s inability (or refusal) to speak and think of him and through the absence this reticence comes to signify. We finally learn of the drowning through something as innocuous as a riddle attributed to the mother: “Mon premier est Jeanne, mon deuxième est Anne, mon troisième est Nore, mon tout est. Il en manque un: Toto tombe à l’eau. Que reste-t-il ? Les procédés mémo... mnémotechniques.” We see the impossibility for the mother to address the trauma directly (she uses the famous Toto—the butt of all jokes—to speak of the drowning) and to face the memories. » 

Sonja Stojanovic

« With her fourth novel, Bref séjour chez les vivants, Marie Darrieussecq explores innovative ideas concerning the possibility of today's novel and she creates a world in which the reader must actively participate in order to understand, perhaps in reading the novel twice, or more. The main characters of Bref séjour chez les vivants are a woman and her three daughters, but there is no dialogue in this novel, it is entirely interior monologue. This monologue is in a constant state of flux, uses more than one language, principally French, but with English and Spanish as well, songs, and childhood phrases among other elements. But why the supernatural title? In this novel, as in most of Darrieussecq's work, there is a phantom. Here it is the phantom of a boy, the younger brother of the family, who drowned at the age of three. The main themes of Bref séjour chez les vivants are the manner in which intelligence and memory function, the subjectivity of the perception of events, the phenomenon concerning the existence of a sixth sense, and the relations which make up a family. Without a doubt a contemporary work, Darrieussecq has written this novel, which she saw as a very difficult undertaking, with rigor, and she has succeeded. »

Sarah Feely

Traductions

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Grande Bretagne

Coupures

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Presse

1er septembre 2001 | Le Temps

La talentueuse romancière de Truismes revient avec un livre sur la mémoire et l'absence, où elle prend le risque de l'expérimentation : pari réussi.… Fugue, fuite, disparition, présence-absence, somnambulisme, accidents de mémoire : le roman joue de tous ces thèmes en d'infinies variations, sur le mode du fragment et du collage, en n'utilisant que le seul monologue intérieur. L'écriture souple et inventive, fait flèche de tout bois et s'approprie toutes sortes de matériaux bruts qui apparaissent comme des corps étrangers dans le texte, avec leur typographie propre, ou qui se fondent en lui comme des pensées intimes… 

Isabelle Martin

30 août 2001 | Le Figaro

La virtuosité de Darrieussecq n'est jamais gratuite ni même légère, c'est une grâce des profondeurs, étrange et inimitable. 

Patrick Besson

21 août 2001 | Les Inrockuptibles

Et c'est sans doute le meilleur livre de l'auteur à ce jour. On y revient vite.

Sylvain Bourmeau

4 septembre 2001 | Les Inrockuptibles

Plongée dans quatre cerveaux humains : c'est le défi narratif du nouveau livre de Marie Darrieussecq, Bref séjour chez les vivants, prodigieusement casse-gueule et tout autant réussi. Ou comment l'auteur d'un best-seller comme Truismes livre son roman le plus expérimental, intense et intellectuellement excitant. […]
Bref séjour chez les vivants est certainement son livre le plus étonnant et littérairement le plus fort. Les défis que relève l'auteur, en restant toujours au tremblement des consciences, du bruissement intérieur des voix indiquent qu'elle n'emprunte pas le chemin de la facilité.

Tiphaine Samoyault

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