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Marie Darrieussecq

2003 |

White

« Où ? Au Pôle Sud.

Quand ? Dans un futur proche.

Qui ? Un homme et une femme.

De l’aventure ! Du froid ! Du chaud ! Des spectres ! Des bons et des méchants ! De l’amour !

Jusqu’à quel point faut-il se débarrasser des fantômes pour faire l’amour ? »

Editions POL

« Il s'agit d'incantation, de plaisir, de sens, de couleur, de douleur, du corps et de l'âme. (...) De "White", je dis voyage, mais non pas dans un pays ou dans un temps. Un voyage dans le sens, dans les mots, dans les sons. On fait un pas de côté, on pénètre un monde parallèle, comme pour quitter la coque humaine. "White", c'est une entrée dans le monde de Nemo, ou du capitaine Hatteras suivant la route de Mekemson vers le pôle. Edmée Blanco part pour l'extrémité du monde sur un navire qui n'a pas de nom, un aviso, ou peut-être un brise-glace en compagnie de fantômes, cet équipage de bric et de broc recruté pour l'opération "White" (une base européenne sur le continent antarctique) précédé des spectres de Scott mort entouré de ses rennes et de ses poneys, d'Amundsen entraîné par ses chiens cannibales, ou de Shackelton naufragé avec son équipage. »

JMG Le Clézio

« Ce roman de Marie Darrieussecq est un livre d'aspect scientifique dont l’action se passe en Antarctique dans un futur proche. Le plus grand thème est l’isolation, du monde et de l'individu. Les pays d’origine des protagonistes sont tous différents, de langue et de lieu, et ils se rejoignent au Pôle sud. L’amour joue également un rôle très important. L’intrigue amoureuse se développe autour des deux personnages principaux, Edmée et Peter. Il s’agit d’une relation qui doit rester secrète à cause du travail et de certaines obligations familiales, parfois cachées. Tous les personnages sont complexes et très développés. Darrieussecq décrit très précisément le Pôle sud et aussi les personnages. D’autres thèmes importants dans ce roman sont le vide, la perdition et l’emprisonnement. La couleur blanche est une constante dans toutes les descriptions. Le blanc est aussi un symbole d’isolation. Darrieussecq utilise son imagination créatrice pour inviter les lecteurs à s’interroger sur le monde et sur eux-mêmes dans ce monde. Ce roman exprime des idées tellement fortes que les lecteurs doivent se résoudre à analyser leurs propres conclusions »

Kerry Sweeney, étudiante à l’université Rhode Island

2003 |

White

“it remains open, who actually speaks in the name of this we. The narrating perspective in White is centrifugal like the ghosts themselves”

Martina Stemberger

" Darrieussecq’s objective in this story was to test a theory — but perhaps not the one she first intended. Rather than merely a story about haunting, this is the story of an experiment in narratology: Who, when ghosts no longer speak, speaks ? "

Sonja Stojanovic

This novel of Marie Darrieussecq is a scientific book.The action takes place in the future in Antarctica. This is a book both interesting and complicated. The biggest issue is the isolation of the world and individual. We witness the isolation of protagonists from their country, their language in the location, the south pole. Love also plays a very important role. The love story is developed around the two main characters, Peter and Edmee. It is a relationship that must remain secret because of their work and family obligations. All the characters are complex and well developed. Darrieussecq uses a lot of descriptions and details of the South Pole as well as the characters. Other important themes in this novel are the emptiness, the destruction and the imprisonment. The white color is constant in all descriptions of the environment. White is also a symbol of isolation. Darrieussecq uses her creative imagination to write this novel. It forces readers to question the world around them and themselves. This novel expresses ideas so strong that readers must resolve to reach to their own conclusions.

Kerry Sweeney

Traductions

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Grande Bretagne
Ian Monk
Faber and Faber
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Pays Bas
Mirjam de Veth
Meulenhoff
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Portugal
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Suède
Lisa Linberg
Norstedt

Coupures

/sites/default/files/styles/light/public/2017-11/White%20Elle.jpg.jpeg?itok=AzvirfAs Elle
/sites/default/files/styles/light/public/2017-11/White%20L%27Humanite%CC%81.jpg.jpeg?itok=cvAwz5tJ L'Humanité
/sites/default/files/styles/light/public/2017-11/White%20La%20Croix.jpg.jpeg?itok=YNcLNHon La Croix
/sites/default/files/styles/light/public/2017-11/White%20Le%20Matricule%20des%20anges.jpg.jpeg?itok=SNWIcckJ Le Matricule des anges
/sites/default/files/styles/light/public/2017-11/White%20Le%20Monde.jpg.jpeg?itok=8X86vQSi Le Monde
/sites/default/files/styles/light/public/2017-11/White%20Le%20Point.jpg.jpeg?itok=apu3QhD- Le Point
/sites/default/files/styles/light/public/2017-11/White%20Les%20Inrocks%202.jpg.jpeg?itok=B9iedum2 Les Inrockuptibles
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/sites/default/files/styles/light/public/2017-12/Tribune%20de%20Gene%CC%80ve%20White_0.JPG.jpeg?itok=GFnmqew5 La tribune de Genève
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/sites/default/files/styles/light/public/2017-12/The%20Guardian%20White%201.jpeg?itok=Uaq3RJuM The Guardian 1
/sites/default/files/styles/light/public/2017-12/The%20Guardian%20White%202.jpeg?itok=TJ69pLVu The Guardian 2
/sites/default/files/styles/light/public/2017-12/The%20Independent.JPG.jpeg?itok=nRoXpEfs The Independent
/sites/default/files/styles/light/public/2017-12/The%20Irish%20Times%20White%201.jpeg?itok=VxFWh1mN The Irish Times 1
/sites/default/files/styles/light/public/2017-12/The%20Irish%20Times%20White%202.jpeg?itok=hPAp8nS_ The Irish Times 2
/sites/default/files/styles/light/public/2017-12/The%20Observer%20White.jpeg?itok=rGZdl5MY The Observer
/sites/default/files/styles/light/public/2017-12/The%20Times.jpeg?itok=LAeDEixB The Times

Presse

30 août 2003 | Le Temps

... dans un monde réduit à presque rien, c'est une subtile exploration des sensations, auditives surtout, mais aussi visuelles et tactiles.

Isabelle Martin

2 septembre 2003 | Les Inrockuptibles

Déterritorialisation des genres - le roman d'amour squatte le roman d'aventures, comme si la rencontre entre deux êtres était l'ultime aventure, et l'autre l'ultime corps étranger à conquérir aujourd'hui - et devenir monochrome de l'écriture, non pas écriture blanche, mais écriture « white ». Aussi étirée que l'infini monochrome de la Terre, aussi condensée que les liquides figés par le froid, aussi immatérielle que les mirages formés par l'air chargé de cristaux de glace, la réverération du blanc. Aussi silencieuse qu'explosée de chaque son, comme reproduit intact - intact dans sa brusque et incongrue apparition dans ce vide inhumain - au creux de la phrase. [...]
L'alchimie produit de la poésie, des corps brouillés, des mirages, du merveilleux dans un monde de plus en plus défini par la technique. Et Marie Darrieussecq est une alchimiste, qui change sous nos yeux une expédition ultratechnique en conte givré, comme pour mieux trahir la censure amoureuse, fantasmagorique, du tout-technologique ou du tout-psychologique.

Nelly Kapriélian

25 août 2003 | Tribune de Genève

Roman de sensations plus que de narration, White n'a pas à subir les fluctuations de la prose classique. Mais il ne cherche pas davantage à les éviter. Son auteur ne raisonne pas contre - quelque chose ou quelqu'un - mais avec. [...] White confirme : tout y est blanc. Mais entre les blancs se niche l'essentiel.

Pascal Gavilet

4 septembre 2003 | L'Humanité

En attendant de savoir si Pete et Edmée vont bien vouloir suivre le chemin que la logique du récit leur trace, [les fantômes] vont proposer au lecteur une narration légère et efficace, dont le lecteur découvrira tous les clins d'oeil, les subtilités , voire le côté carrément farce. Comme le dit l'auteur à propos d'un livre d'enfant trouvé dans la bibliothèque du bateau qui l'amène à pied d'oeuvre, « le récit fonctionne sur le principe de la mise à jour des secrets ». Sauf qu'ici les fantômes remplacent le petit doigt de Maman qui sait tout.  

Alain Nicolas

4 septembre 2003 | La Croix

White (...) : une sorte de poème, doux et drôle, mathématique et fantastique, dans lequel certaine perception du monde - matérielle, presque mathématique, autant que sentimentale - est mise en mots, en impressions, en visions, en équations.

Nathalie Crom

22 septembre 2003 | Elle

Une image chasse l'autre, une impression parasite une pensée, une sensation débarque une réflexion. Elle invente une langue modèle pour raconter la vie vécue de l'intérieur, le cerveau qui imprime tout et à toute allure, la pensée qui joue à saute-mouton. Comme elle l'avait déjà prouvé dans Bref Séjour chez les vivants, la romancière n'a pas son pareil pour rendre le faux désordre des cauchemars, pour conter la réalité comme un rêve éveillé. Son style d'exploratrice trouve un terrain vierge idéal dans le grand blanc de l'Antarctique.

Olivia de Lamberterie

le 21 novembre 2003. | Le Point

« La fille de neige

Sous couvert d’expédition polaire, Marie Darrieussecq nous entraîne avec White dans un voyage dans le sens, les mots et les sons. Jubilatoire.

White, de Marie Darrieussecq, est sans doute le roman le plus inventif de l’année 2003, et l’on peut regretter qu’il ait été oublié de la critique en général et des jurys littéraires en particulier, même si l’auteur n’a pas besoin de cette reconnaissance officielle pour exister. L’œuvre de Darrieussecq fait penser à Lautréamont : le rêve du pourceau, au chant IV, commençait par ces mots :
« Je rêvais que j’étais entré dans le corps d’un pourceau... quand je voulais tuer je tuais. » Truismes en découlait. Le passage de Falmer ou le spectre de Maldoror voltigeant au-dessus du Panthéon, c’est Naissance des fantômes. White, c’est l’hymne à l’Océan, l’homme amphibie, ou même la « fille de neige » qui fait une apparition au chant VI. Ceux qui se reconnaissent dans les magnétiques tempêtes du Montévidéen vont suivre Darrieussecq dans ce nouveau voyage. Rien à voir avec la littérature de nos modernes têtes molles, cherchant l’anecdote, l’apex et la chute, la psychologie et les symboles. Il s’agit d’incantation, de plaisir, de sens, de couleur, de douleur, du corps et de l’âme. Si on court après des bulles, on manque le rythme, le feu, la glace.
De White, je dis voyage, mais non pas dans un pays, ou dans un temps. Un voyage dans le sens, dans les mots, dans les sons. On fait un pas de côté, on pénètre un monde parallèle, comme pour quitter la coque humaine.White, c’est une entrée dans le monde de Nemo, ou du capitaine Hatteras suivant la route de Makemson vers le pôle. Comme Rimbaud, Edmée Blanco part pour l’extrémité du monde sur un navire qui n’a pas de nom, un aviso, ou peut-être un brise-glace en compagnie de fantômes, cet équipage de bric et de broc recruté pour l’opération « White » (une base européenne sur le continent antarctique), précédé des spectres de Scott mort entouré de ses rennes et de ses poneys, d’Amundsen entraîné par ses chiens cannibales, ou de Shackelton naufragé avec son équipage sur une île au sud du Chili. À bord de son « Twin Otter », Pete Tomson (islandais, whatever his name) rejoint les voyageurs au pôle. C’est tout. De cette exploration moderne (repérage satellite, combinaisons isolantes et Velcro – scritch) Marie Darrieussecq extrait un chant à l’humanité, cette poudre vivante souffrante accrochée aux régions fertiles, attirée invinciblement par les vortex vides des pôles où tourbillonne le vent solaire et où chaque geste déclenche une hyperesthésie et un éclair électrique. L’on pense sans cesse à Lautréamont, à sa fureur lexicale, aussi à Rimbaud, à son goût provocant pour la langue anglaise, à Hugo pour les onomatopées (à Pratt, donc).

Un temps d’éternité

Plongez dans ce livre merveilleux, entrez dans cette jubilation. Vous sentirez les mouvements de la mer contre la coque du bateau comme sans doute jamais vous ne les avez ressentis. Vous traverserez les rideaux glacés de l’atmosphère, vous connaîtrez l’ivresse d’être debout sur l’un des deux toits de la planète, dans l’absolu : si le noir est l’absence de couleur, la toile de fond entre les étoiles, le truc tendu dans la soupente de l’univers – « le blanc est la fusion du rien… mais l’on voit se balancer les cimes vertes, et certains même l’affirment : on sent l’odeur puissante de la terre habitable ». Sans retenue, laissez-vous entraîner dans un langage où les sons crépitent, irradient le sens, comme ces étincelles qui accompagnent l’amour entre Edmée et Pete, E et P, un temps d’éternité volé à l’immensité vide de la nature qui n’a pas besoin des hommes, des femmes. Où les éclairs sont « zoon ! shlak ! ». Où les fantômes des idées s’accrochent aux haubans en oiseaux gelés,« ziiii ! Et hop et crac et chchch... ». Voyez comment l’amour vient à bout des spectres, comme dans le grand ciel crépusculaire où Lautréamont lançait des vols de spermatozoïdes. L’exploration finale du monde c’est, dans le secret de l’utérus, la rencontre de ces corpuscules d’une « longueur maximum de 60 microns, frétillant de la queue et pointant du museau, et d’une sphère d’environ un quart de millimètre de diamètre » flottant rêveusement dans « un milieu opaque » et « totalement dépourvu de raison. » Peu de romans parlent aussi bien d’amour et de chimères, la seule vérité dans cet univers où l’indifférence est souveraine. « Où le sang bat, la mer est belle, la Terre tourne, et aux deux pôles, tout est calme et blanc. »

 

J. M. G. Le Clézio

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© Jean Duprat